Lettre ouverte du Printemps à tous les impatients.
Cessez donc une bonne fois pour toute, de me harceler.
Cessez de venir frapper à ma porte pour un oui, pour un non…
Vous en avez marre de l’Hiver, je vous comprends, moi aussi, mais il est comme çà l’Hiver: la soif du pouvoir, il ne veut pas laisser la place. Chaque an c’est pareil !
Allez donc plutôt faire des manifs sous ses fenêtres si vous n’êtes pas content.
Moi, j’aime bien prendre mon temps, une petite touche de couleur par ci, une autre par là, je folâtre, je saupoudre, les jonquilles de ce coté, puis les narcisses là bas, une pincée de paillettes sur les cerisiers, mais pas tout en même temps… trois pivoines piquées, un jeté de pâquerettes, une poignée de violettes, un rideau de chatons… Je couve mes iris, je bichonne mes roses… Cool !
J’aime me faire désirer et je fais dans la retenue.
Je ne suis pas comme les autres.
L’Été : Le Vulgaire. Je n’ai même pas terminé mon boulot, qu’il arrive avec ses gros sabots, il se vautre sur mes tendres prairies, dégoulinant de sueur… il est comme l’Hiver : tout d’un bloc, un vrai beauf.
Quand il est là, il faut qu’on le sache. C’est un squatteur !!! Allez donc le faire déguerpir après…
Il empiète sur mon domaine et déborde souvent sur l’Automne avec son été indien.
Un Été Indien, je vous demande un peu ! Pourquoi pas un Printemps Arabe ?
L’Automne lui, c’est un bien élevé, il me ressemble un peu, il y va mollo, il effeuille avec des pincettes, en douceur, progressivement, par touches subtiles et délicates. Mais sa timidité le perdra. L’Été le comprime d’un coté et l’Hiver le grignote de l’autre et il ne dis jamais rien. Il souffle en bougonnant, mais ne gueule pas vraiment.
Moi, je vous le dit : Un jour, l’Automne il finira par se faire se faire manger tout cru et on en parlera plus. Et il n’y aura plus que trois saisons…
Bon en attendant, vous aller vous calmer et me laisser faire mon boulot comme je l’entends.
C’est moi le patron !
Patience, j’arrive, vous aller l’avoir votre Printemps.
I Un Boa dans le Cerisier.
Cette année, le Printemps nous met en garde:
"J’en ai assez de voir mes cerises disparaître dans la panse des moineaux et des écoliers.
Cette année j’ai installé un boa dans le cerisier."
Images cliquables
27 mars 2016 © Loqman